Le Nemo
Banquet fugue, Choeur In Paradisum - www.inparadisum.fr

Confinés, oui, mais en musique !

Pour certains, les journées sont de plus en plus longues. Les activités s’enchaînent et se bousculent, sans trop de perspectives en approche. Et si la musique pouvait aider à s’échapper, sans bouger de chez soi ? Symphonies et mélodies comme remède aux maux de l’épidémie, Le Nemo vous invite à bord, à la découverte d’univers musicaux divers et variés.

Les artisans et magasins spécialisés dans la vente d’instruments de musique dits
« traditionnels » ont vu leur situation se dégrader pendant cette crise sanitaire. Sans pour autant que la pratique ne s’arrête. Selon les statistiques de recherche Google, on constate d’ailleurs un fort intérêt de la part des internautes pour les logiciels de MAO (musique assistée par ordinateur). Ce type de pratique musicale permet à des personnes n’ayant jamais appris à jouer, de découvrir une multitude d’instruments et de réaliser des compositions à partir d’un simple clavier. Avec ces nouveaux outils, la musique est devenue accessible à un public, n’ayant pourtant pas fréquenté les bancs des établissements spécialisés. Ces activités seront-elles pérennes ? Ce nouveau public viendra-t-il renforcer les effectifs des institutions qui, jusqu’alors, avaient le monopole de l’enseignement musical ? Voici un nouvel enjeu pour les conservatoires. Ces écoles qui, pour la plupart fermées au public, ont dû s’adapter à l’enseignement à distance.

Cours à distance : 1, 2, test ?

Amaury Lacaille est professeur de piano à l’école « Notes en stock », située aux Sorinières, en Loire-Atlantique. Il revient sur les nouvelles mises en forme des cours et sur l’évolution des ensembles musicaux, qui opèrent en ces temps de crise. « J’essaye de conserver la journée de cours à distance, mais nous sommes face à deux problèmes principaux : la qualité sonore due aux micros des ordinateurs et un désinvestissement possible de la part des élèves. Si la crise en a démotivé certains, d’autres ont trouvé un bon équilibre et plus de temps pour pratiquer ». Le professeur a mis en place des procédés alternatifs pour repenser son rapport à la pédagogie.

« Je demande à mes élèves une vidéo de leurs exercices, un à deux jours avant le cours. Cela me permet de saisir les nuances pour mieux aiguiller l’élève. On assiste à des petits déclics car la vidéo les fait travailler. C’est aussi un moyen pour eux de s’entendre, se voir et de prendre du recul. »

Amaury Lacaille

Amaury Lacaille a également une pratique en dehors des cours qu’il donne : le chant. Avec d’autres collègues solistes, ils ont créé la pièce Banquet fugue de Chœur in Paradisium.

“Banquet Fugue” Choeur in Paradisium

C’est dans cet esprit qu’il souhaite monter un projet d’ensembles avec ses élèves afin de réaliser un clip. « Je serais heureux que cela fonctionne, les projets avec plusieurs pianistes sont assez rares ». Pour Amaury, le confinement a été une source de temps, lui permettant d’aborder de gros répertoires et la mise en place de nouveaux outils pédagogiques pour ses élèves. Pour lui, le bilan est « assez positif » , mais il n’oublie pas ses collègues qui risquent de perdre leur emploi si la situation venait à durer. Cette dernière, accentuant la baisse des inscriptions aux activités extra-scolaires, entraîne aussi dans sa chute les postes d’enseignants, de moins en moins présents.

Pendant ce temps, au conservatoire

Pierre-Kéleti Traoré, pratique la trompette au conservatoire de Nantes. Cet adolescent avoue que cette année est compliquée pour lui. Il fait partie de l’orchestre de Jazz Big Bang. « L’idée, c’est de jouer ensemble. On est d’abord passés de 25 à 5 personnes et aujourd’hui on envoie des enregistrements sur Whatsapp, c’est nettement moins motivant ». Il confie envoyer des travaux enregistrés et assister chaque semaine à un cours en visioconférence. « On fait en sorte que ça ne plante pas trop et en général, on s’en sort. Par rapport au premier confinement où je n’avais pas cours, il y avait beaucoup de créneaux disponibles. Là, les places sont concentrées les mercredis après-midi et les samedis. Cela ne nous permet pas toujours d’avoir une réponse rapide quand l’on est confronté à un problème. »

« Moi je ne m’en sors pas trop mal avec la trompette, mais pour ceux qui pratiquent l’orgue, c’est un peu plus difficile. »

Pierre-keleti Traoré

Certains élèves peuvent toujours accéder au conservatoire, comme ceux du lycée Mendela qui ont choisi l’option TMD (technique, musique, danse) spécialité musique. Pour Pierre-Kéleti, ce passionné, ce n’est pas le cas. Malgré des inquiétudes pour les examens de fin d’année, il espère un rapide retour à la normale.

Pierre-keleti Traoré jouant de la trompette

Et pour les groupes Nantais ?

Dernier “Live du Studio” sur la Chaine Black Lodge Making TV

Pour les artistes locaux et les groupes nantais, la donne est différente. Ces derniers ne peuvent plus rencontrer leur public. Ils ne sont pas non plus, toujours équipés de matériel de captation pour se produire sur Internet. Yann Guingueno, directeur de la société de la société de production audiovisuelle Blacklodgemaking, située sur la commune de Bouguenais, n’est pas peu fier de son initiative. Son concept : faire en sorte que les groupes puissent bénéficier d’un studio équipé pour la retransmission en live, sur sa propre chaîne Black Lodge Making TV. Comme il le suggère : « II est possible dans un cadre professionnel de se retrouver à six en respectant les gestes barrières » , son studio lui permettant d’accueillir jusqu’à cinq musiciens. Il explique que ces derniers peuvent ainsi se produire et retrouver un lien avec un certain public. « Je fais en sorte de recréer des moments d’interactivité grâce au chat de YouTube en temps réel pendant le concert ». Yann propose deux captations vidéos, « Le Live du studio » (en direct) ainsi que « l’interview du studio » (diffusée la semaine d’après), où il prend le temps de laisser les artistes s’exprimer. Il souhaite que ce projet perdurera après le confinement car cela permet aux artistes de rencontrer le public autrement. « Et puis, au-delà du Covid, il y a des confinés de la vie qui ne peuvent pas assister à des concerts. C’est également un moyen de créer une proximité avec les artistes en favorisant les échanges ». Le but ? Permettre à tous, confinés ou non, de s’évader en musique.

Pierre Pougeard

Pierre Pougeard

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