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Le CBD : Zoom sur un marché en plein essor

Sous forme d’huiles, de tisanes, de liquides pour cigarette électronique et d’herbes à fumer, de gélules, ou encore de cosmétiques, le CBD est un marché en pleine expansion. Inspirez, expirez. Zoom sur ce produit issu de l’industrie du tabac.

Que vous soyez adeptes de l’industrie cosmétique, anxieux ou simplement curieux, le CBD provoque un réel engouement. Mais il renferme aussi, et surtout, des vertus encore méconnues.

Initials C.B.D

Il ne faut pas confondre CBD et THC. Tous deux sont issus du chanvre et sont des cannabinoïdes, soit des substances chimiques actives agissant sur les récepteurs de l’organisme. Le CBD, ou cannabidiol, est une molécule du cannabis dénuée de propriétés psychoactives et addictives. Contrairement au THC, ou tétrahydrocannabinol, le cannabis dit « récréatif », le CBD n’est pas un psychotrope et ne rend pas « stone ». Alors si vous aviez de mauvais souvenirs de votre premier joint, pas d’inquiétudes. Le CBD présente un autre avantage : il ne provoque a priori pas d’accoutumance. Il protégerait même, selon une étude, du développement d’une addiction. C’est le cas notamment aux États-Unis, où la consommation d’opioïdes s’avère excessivement forte depuis la fin des années 1990. Le recours au cannabis médical ou thérapeutique, soit CBD, est efficace pour calmer les effets de manque chez les personnes en cours de sevrage. De même chez les fumeurs de tabac désireux de réduire ou stopper leur consommation. Dans de nombreux cas, le CBD n’est donc pas une fin, mais un moyen.

Le saviez-vous ? Le chanvre est l’une des premières plantes domestiquées par l’Homme. Son utilisation s’est répandue à travers les continents au gré des explorations, des migrations et des conquêtes. La France devient, plusieurs années plus tard, la plaque tournante du chanvre au niveau mondial. Seulement, en 1937, le congrès américain fait voter le « marijuana tax act » puis l’imposent aux pays européens, anéantissant dès lors l’industrie chanvrière. Cette loi a, par ailleurs, contribué à la diabolisation de cette plante précieuse et millénaire. Aujourd’hui, la France a su conserver et redémarrer une production puisque le pays est aujourd’hui le troisième producteur mondial. Le chanvre possède de nombreuses qualités : elle ne nécessite pas d’engrais et se contente de très peu d’eau. C’est également une plante multi-usage : alimentaire, textile, bien-être… Malgré tout, elle reste diabolisée dans l’inconscient collectif.

Un marché qui séduit, malgré des contours encore flous

Huiles, tisanes, infusions, gélules, liquide pour cigarette électronique ou herbe à fumer, crèmes, sérums. Des produits alimentaires, à la santé et au bien-être, en passant par les cosmétiques, le CBD s’invite dans une variété de secteurs. Pourtant, de 1990 à 2018, le CBD est confronté à un flou juridique. Le premier véritable article de loi existant dans le droit français, traitant du commerce de cannabis, est un arrêté du 22 août 1990. Le 19 novembre dernier, la Cour de justice de l’Union Européenne juge désormais illégale l’interdiction du CBD en France. En effet, l’instance européenne souligne que cette molécule présente dans le chanvre « n’a pas d’effet psychotrope ni d’effet nocif sur la santé humaine ». Un grand pas pour ce produit issu de l’industrie du tabac, qui ne peut, dès lors, plus être considéré comme un stupéfiant. Rien qu’à Nantes, on compte désormais une dizaine de magasins spécialisés dans la vente de CBD sous formes diverses. La marque bretonne Ho Karan, installée à Quimperlé, s’est rapidement démarquée dans le secteur des cosmétiques made in France. La force de cette start-up ? Sa communication sur les réseaux sociaux, des visuels épurés et une gamme de produits innovants.

Un usage thérapeutique et médicinal avant tout

Anxiolytique naturel, le CBD est souvent utilisé à des fins thérapeutiques. Avec ses propriétés relaxantes et anti-inflammatoires, le cannabidiol s’avère également efficace en tant que remède pour lutter contre de nombreuses maladies et pathologies : épilepsie, dépression, douleurs chroniques, inflammations aigües ou chroniques, Parkinson, Alzheimer, troubles de l’anxiété, troubles du sommeil… Si l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé a validé plusieurs modes d’administration, le plus connu et le plus recommandé reste l’huile de CBD. Sous cette forme, il est plus aisé de contrôler les niveaux de concentration et la posologie, en lien avec la pathologie concernée. L’huile de CBD et l’e-liquide CBD pour cigarette électronique sont, par ailleurs, les deux modes de consommation les plus répandus. L’huile est utilisée par voie sublinguale, cutanée ou respiratoire. Le cannabidiol pour le vapotage, lui, s’est vite démocratisé grâce au succès de la cigarette électronique. Si cette utilisation tend à se développer dans de nombreux pays, certains se refusent encore à parler de « cannabis thérapeutique ». À ce jour, l’huile de CBD, légale au niveau européen, ne doit pas contenir plus de 0,2% de THC pour être utilisable. Si elle n’est pas interdite par la loi tant qu’elle respecte les réglementations en vigueur, elle n’est pas non plus explicitement autorisée… pour l’instant.


Léa Chevrel

Léa Chevrel

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